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Virginie Fayemendy, responsable HSE du groupe Lorillard

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Lorillard en bref

Fondé en 1936 à Chartres et présidé par Thierry Luce, le groupe Lorillard est un des leaders français de la menuiserie industrielle sur-mesure. Il couvre l’ensemble du marché de la fenêtre et maîtrise la fabrication de ses produits grâce à un pôle industriel intégré.

Lorillard son offre dans quatre matériaux : bois, PVC, aluminium, mixte et HPC Composite.

Effectifs : 1050 collaborateurs ;

Chiffre d’affaires 2019 : 180 millions d’euros

Production annuelle : 1 200 menuiseries par jour

300 logements équipés ou rénovés par jour.

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Virginie Fayemendy, responsable HSE du groupe Lorillard

© © D.R. / Lorillard

Dans le cadre de la "révolution industrielle" lancée par Thierry Luce, Lorillard a recruté en début d'année Virginie Fayemendi au poste de responsable Hygiène, sécurité et environnement (HSE) pour l'ensemble du groupe. Après un audit, elle a pour mission de faire évoluer les mentalités de l'entreprise dans un contexte où ces problématiques sont particulièrement sensibles.

 

Le changement amorcé depuis un an par le groupe Lorillard se concrétise par d’importants investissements industriels, mais aussi des changements fondamentaux aux niveaux organisationnel et logistique. Ce plan intensif soutenu par Thierry Luce, P-dg du groupe, a débouché sur plus de 60 recrutements, dont neuf avaient pour objectif essentiel de mieux structurer les équipes, dont celle chargée de traiter les problématiques de la sécurité et de l’environnement. À la recherche d’un(e) professionnel(le) expert(e) dans ces questions, c’est à la faveur d’une candidature spontanée que Virginie Fayemendy a été recrutée. Riche d’une double formation en chimie et en environnement et risques industriels, elle avait jusqu’alors fait toute sa carrière dans une filiale française du groupe américain Newell Rubbermaid. Ces dix dernières années, elle assurait la direction de deux sites de production (140 personnes) avant d’être tentée par l’aventure Lorillard.

L’industriel chartrain de menuiserie a choisi de confier à cette experte la responsabilité de la politique en matière d’Hygiène, sécurité et environnement (HSE) de ses six sites de production – les usines Lorillard à Chartres (28), Centre 2F à Bourges (18), Plastibaie à Montbrison (42), Bourneuf à Parigné-L’Evêque (72) et HP Fermetures & Menuiseries à Saint-Martin-de-Seignanx (40) – ainsi que des activités de pose du réseau Lorenove et de Lorillard Entreprises.

À l’épreuve de la pandémie

Dès son arrivée, Virginie a réalisé un audit de l’organisation, des systèmes de gestion et de la performance des équipements mis en place sur l’ensemble des sites de production, avec pour mission l’amélioration environnementale des usines du groupe.

Elle a ensuite orienté plus spécifiquement son travail autour de deux axes : une sensibilisation aux accidents du travail et la mise en œuvre d’une démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). Pour la mise en place de ces nouvelles orientations, elle s’est retrouvée à un poste stratégique avec la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, qui a été pour elle un sacré baptême du feu. En effet, il lui a fallu gérer des peurs, de l’incertitude, des doutes chez les salariés, mais aussi développer des process de changement, d’adaptation, et de créativité. Cet épisode a en effet nécessité d’adapter tous les postes de travail du groupe, de l’usine au chantier.

Affirmer une culture sécurité

Concernant la sécurité, Virginie Fayemendy constate la nécessité d’un changement des mentalités : « Il y a un virage à opérer pour changer de culture et systématiser, à tous les niveaux des postes, des gestes préventifs ainsi que le développement d’une acuité particulière face au danger ».
Et d’ajouter : « Cette sensibilisation par rapport aux accidents du travail – pour lesquels on a déjà pu relever une diminution résultant des actions menées depuis trois ans par Thierry Luce et ses équipes – revient à modifier d’anciens automatismes en affirmant une culture sécurité ».

Il ne s’agit donc pas seulement d’aborder les questions de sécurité au travail uniquement au cœur des usines et des ateliers, mais aussi sur les chantiers en intégrant le facteur obligatoire des EPI – Équipement de protection individuelle – ou encore, dans les bureaux. Concernant ce dernier environnement de travail, la nouvelle directrice HSE s’engage à poursuivre le développement d’actions déjà menées, notamment celle d’amélioration de l’ergonomie des appareils de travail, qui ont permis de réduire le nombre d’accidents de travail.

Impliquer chacun, quel que soit le poste

Concernant sa seconde mission, Virginie Fayemendy développe une démarche RSE depuis le mois de janvier 2020 et, plus spécifiquement, depuis la journée manager réunissant tous les services.

Ce concept, visant à permettre aux entreprises de contribuer à l’amélioration de la société et à la protection de l’environnement, implique chaque responsable de secteur dans le message à transmettre et aussi chaque individu à son poste. Les trois axes choisis par le groupe en 2020 sont les économies d’énergie, le traitement des déchets et l’amélioration du recyclage, et la mise en place du télétravail.

Des actions en matière d’économie d’énergie ont déjà été menées au sein des ateliers avec le changement des néons par des Leds, un bon comportement de chacun à son poste, l’installation de compresseurs régénérateurs d’énergie à l’intérieur des bâtiments, pour baisser les dépenses énergétiques.

Existait, préalablement à son arrivée, le recyclage des chutes et menuiseries bois dans les chaudières biomasses, chauffant les trois sites de production bois du groupe. À Chartres, les 2/3 du site sont chauffés grâce à cette chaudière.

Une borne de recharge pour les véhicules électriques de l’entreprise a été installée courant février. Plusieurs points de recharges sont également envisagés pour le personnel et les visiteurs.

Une dynamique de tri des déchets à tous les niveaux

La politique de traitement des déchets déjà mise en place va être accrue et valorisée par l’approfondissement d’un travail commun avec des partenaires fournisseurs (notamment en fenêtres PVC) ou encore une délégation à des prestataires de déchets valorisant mieux le traitement, comme ce fut le cas avec la recyclabilité des chutes de PVC confiée aux entreprises Paprec et Veka.

Cette nouvelle dynamique de tri des déchets sera étendue à tout le groupe et ne concerne pas seulement les déchets industriels au niveau de la fabrication. Elle touche aussi les chantiers et les bureaux, à chaque poste, et/ou par la mise en place de nouveaux points de collecte communs comme les machines à café. Le mouvement est lancé mais doit être amplifié.

L’épisode Covid : une adaptation immédiate

Dès la fin du mois de février, en écho à l’actualité, toutes les dispositions sanitaires de protection des salariés et/ou des visiteurs étaient anticipées : affichage sur l’ensemble des sites pour les gestes barrières, mise à disposition des gels hydro-alcooliques, etc. Mi-mars, lorsque le confinement a été décrété, toutes les agences Lorenove, puis les chantiers ont été fermés. Les usines du groupe ont stoppé le 18 mars (dont l’usine de Chartes en dernier).

Dès le 24 mars, un comité de crise sur le redémarrage s’est réuni deux fois par semaine, afin d’organiser la reprise selon les règlementations du gouvernement et les contraintes sanitaires et sécuritaires. Toutes les réunions de travail (deux à trois fois par semaine) s’effectuaient en visioconférence, avec les responsables de site, le directeur industriel et la directrice HSE.

Une reprise progressive et prudente

Début avril, et pour faire suite à une communication auprès des salariés annonçant les modalités de la reprise au travail, un premier retour sur sites pour la mise en place des signalétiques et des affichages a été décliné : « c’est l’atelier du bois qui a rouvert en premier le 8 avril, avec 50 % de l’effectif, à peu près 30 personnes », explique Virginie Fayemendy . « Il a fallu intégrer le risque Coronavirus et mettre à jour le document unique d’évaluation des risques DUER. Adapté, il intègre toutes les procédures Covid spécifiques à chacun des métiers de l’entreprise : production, commerce, pose, services support… Il donne aux équipes les protocoles sanitaires et les outils nécessaires pour les appliquer. Nous avons également réalisé plusieurs sessions de formation Covid auprès de nos salariés, pour la sécurité et la prévention des risques. Les postes et les zones de travail ont été aménagés pour permettre de respecter la distanciation physique de 4 m² autour de chaque travailleur. De même, les lieux et temps de pause et de restauration ont été adaptés. »

Une réorganisation des chantiers

Progressivement en avril, le PVC et l’alu ont repris avec 50 % des effectifs avant les autres sites. Les usines redémarrant, ce fut au tour des chantiers d’être réorganisés (pour Lorenove auprès des particuliers et pour Lorillard pour les grands comptes) en s’appuyant sur le guide de l’OPPBTP, mesures par ailleurs anticipées par des formations des chefs de chantier et conducteurs de travaux dès fin avril).

Ainsi ont été appliquées toutes les mesures d’accès aux chantiers et consignes, les bases vies (vestiaires, sanitaires, etc.), les préconisations à mettre en place, la nomination des référents Covid-19, etc. Par ailleurs, les chefs de chantier et les conducteurs de travaux (près de 105 personnes) ont été formés en trois semaines, en visioconférence et en présentiel, sur leur rôle dans la mise en application des mesures.

Ne pas baisser la garde

Cette situation a permis de mettre en lumière, de manière significative le rôle de Virginie Fayemendy au sein de la société : « En temps normal, je vais les visiter de temps en temps pour voir les conditions de travail des poseurs et voir dans quelles mesures on peut améliorer leurs conditions. Depuis le déconfinement, tous les jours on a de nouvelles demandes des coordinateurs de sécurité des chantiers et il faut y répondre, montrer que nous prenons les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des chantiers. Le plus difficile avec le déconfinement au sein des usines, c’est que les gens ont tendance à perdre la notion du danger et le réflexe de l’application des mesures. Il ne faut donc pas baisser la garde, tant que le risque n’est pas réduit et que les mesures ne sont pas allégées. Il faut faire quelques piqûres de rappel mais il y a une très bonne implication de tous pour faire circuler l’information. »

La mise en place du télétravail accélérée

La Covid a aussi accéléré la mise en place du télétravail (initialement en projet pour 2020). Avec le confinement et la fermeture des usines le 18 mars, une centaine de collaborateurs a été mis en télétravail, soit 10 % des effectifs de l’entreprise, dont toute la partie administrative : « cela nous a obligé à passer le cap et à transformer des contraintes en process innovants et créatifs en vue d’améliorer les failles du système », reconnaît Valérie Fayemendy. « Par exemple, les problèmes de connexion simultanée au réseau à distance par un trop grand nombre de collaborateurs. Il est clair que cette période a accéléré les choses, en nous obligeant à un pragmatisme optimisé, et nous en constatons déjà les bénéfices. »

Une fonction légitimée par les circonstances

Virginie Fayemendy n’est pas effrayée par l’abondance de travail qui l’attend et reste confiante, quant au changement de culture et de mentalité qui s’opère avec des personnels réceptifs aux différents messages, participatifs et impliqués.

La Covid a également participé à légitimer cette prise de fonction plus que jamais indispensable dans un climat d’incertitude qui demeure. Et la directrice HSE du groupe Lorillard de conclure qu’il s’agit « d’une valeur ajoutée en termes d’image pour l’entreprise, et d’amélioration des conditions de travail. Toutes ces réorganisations, réalisées ensemble, sont nécessaires pour mieux les accompagner, les soulager, les aider, et prendre soin d’eux ».

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