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Robert Dollat, président de l’UFME : « Ça bloque sur les grands chantiers ».

La rédaction

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La profession au temps de la Covid-19
Stores & Fermetures donne la parole aux acteurs de la filière.
L’annonce du confinement, ses effets sur la profession, comment les professionnels se sont organisés au temps de la Covid-19, leur capacité à réagir pour relancer l’activité le plus vite possible sans risque sanitaire, leur esprit d’innovation et de remise en question, les conséquences de la pandémie sur leur activité, leur vision de l’avenir à court et moyen... Ils se livrent.

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Robert Dollat, président de l’UFME : « Ça bloque sur les grands chantiers ».

© CYRIL BADET www.cyrilbadet.com

Président de l’Union des fabricants de menuiseries extérieures, Robert Dollat revient sur deux mois hors-normes pour les professionnels du bâtiment. Tandis que la quasi totalité des industriels a repris son activité, il est encore trop tôt pour faire le bilan de la crise sanitaire. Pour lui, il faudra attendre l’automne pour connaître l’ampleur des séquelles sur le secteur.

Comment la profession a-t-elle pris l’annonce du confinement ?
On peut dire que le 17 mars, tout s’est arrêté d’un coup – les usines comme les chantiers – de façon extrêmement brutale. La profession était comme sonnée. Au moins 80 % des entreprises ont eu recours au travail partiel à part quelques aménagements. Et pour les postes administratifs au télétravail quand cela était possible. Cette première période “d’organisation” a duré les deux premières semaines de confinement, le temps d’y voir plus clair. Au niveau des organisations professionnelles, nous nous sommes rapidement concertés, virtuellement évidemment, entre les différentes composantes du pôle fenêtre pour travailler ensemble et partager nos expériences.

Cette réflexion collective a très vite porté ses fruits ?
Lorsque le confinement a été prolongé une première fois de quinze jours, nous nous sommes dit qu’il fallait donner un signe pour essayer d’inciter les industriels à repartir, et pour que nos fournisseurs se remettent également en route, car eux aussi avaient stoppé leur activité. Ça a été plus dur pour les installateurs...

Finalement, l’heure de la reprise est venue plutôt rapidement pour les industriels ?
Si certains sites ont pu redémarrer doucement, dès le 6 avril, la “vraie“ reprise a eu lieu au début de la semaine 16, le 14 avril, juste après le week-end de Pâques, soit quatre semaines après l’arrêt. Mais cela s’est fait de façon très progressive selon le type d’usine. Le plus gros problème était l’organisation des postes de travail. Sur les sites industriels de dernière génération, plus automatisés et avec une ligne de production plus rationnelle, les adaptations ont été relativement minimes. Dans les usines plus anciennes, la distanciation est beaucoup plus complexe à mettre en place, ne serait-ce que parce qu’il y a certaines manutentions qui obligent a une proximité.
Résultat, en semaine 19, 100 % de nos adhérents avaient repris partiellement avec environ 50 % de leurs effectifs.

Et du côté des poseurs-installateurs ?
Ça a été là aussi très progressif, avec plusieurs cas de figures, très différents. Pour ceux qui travaillaient pour des particuliers ou sur des logements vides, dont le chantier était en cours, ça a redémarré sans trop de difficulté. Sur les sites occupés, en rénovation, ça a été un peu plus complexe : certains clients ne souhaitaient pas laisser venir des personnes extérieures à leur domicile. Généralement, voyant que les mesures barrières étaient respectées, la situation se débloquait.

La situation apparaît plus complexe pour les grands chantiers ?
Effectivement, dans le même temps, seulement 30 % des chantiers ont repris. Les mesures barrières sont plus complexes à mettre en place, malgré la publication du guide de l’OPPBTP, longtemps attendu et pas toujours très facile à appliquer. En outre, le redémarrage des chantiers dépend de plusieurs décisionnaires – le donneur d’ordre, l’entreprise générale... – et parfois de discussions sans fin. Tout est beaucoup plus lourd et personne ne veut prendre de risque. Autre problème : les retards vont entraîner des surcoûts pour les chantiers publics soumis aux appels d’offres. Il faut voir comment ces surcoûts vont être partagés...

Quel est votre état d’esprit et celui de l’UFME depuis la levée du confinement ?
On est plutôt confiants, malgré les chiffres qui, selon les cas, iraient vers une baisse de 20 à 30 % du C. A. des entreprises. Le gros problème pour nos activités est que la crise sanitaire est arrivée au printemps et que nous avons raté nos meilleurs mois, puisque sur mars-avril-mail, nous n’avons pas eu de commandes. La reprise d’activité s’est faite sur les commandes prises avant le confinement. Mais après ? Nos commerciaux repartent sur le terrain. Il y a deux réponses possibles du côté du consommateur : l’optimiste est qu’il est resté confiné dans son intérieur, qu’il s’est dit qu’il avait des améliorations à apporter sur les menuiseries ou les protections solaires et qu’il va se lancer, mais ce sera sans doute après l’été ; la pessimiste est qu’il a perdu de l’argent à cause d’une activité partielle, qu’il a des craintes sur l’avenir, qu’on ne sait pas encore où l'on va et qu’il va garder son argent.

Quelles solutions proposez-vous ?
Le pôle fenêtre de la FFB, dont nous sommes une des composantes, a été sollicité par Bruno Le Maire sur le plan de relance de l’économie. Nous insistons pour qu’il soit axé sur la rénovation énergétique dans les logements. Mais de toute façon, il faudra attendre la rentrée et cela se jouera au niveau de la FFB dans son ensemble, pas seulement du pôle fenêtre. Mais cela bloque au niveau des grands chantiers. En attendant, la question est de savoir comment nous allons pouvoir tenir deux mois sans commandes...

Y-a-t-il des leçons à tirer de cette crise sanitaire pour vos entreprises ?
Certainement, mais il est encore beaucoup trop tôt. Je ne pense pas que tout redeviendra comme avant, mais nous n’allons pas tout changer non plus ! À notre niveau, l’expérience des réunions en visioconférence, procédé que nous avons beaucoup utilisé durant le confinement, va certainement nous amener à faire beaucoup moins de déplacements pour des réunions en petits comités et utiliser davantage cette formule. Cela nous évitera des déplacements coûteux et qui prennent du temps.


Et sur le développement du télétravail ?
Là, nous étions dans des circonstances exceptionnelles. C’est un peu au cas pas cas, sur un ou deux jours par semaine, car certains salariés se sont sentis coupés de leurs collègues. De plus, ce n’est pas possible sur les postes de production. Or, au sein de l’entreprise, il faut que les deux mondes – services administratifs-commerciaux et fabrication – puissent continuer à se côtoyer et à travailler ensemble.

Cette expérience va-t-elle aussi inciter les entreprises à se fournir plus en local ?
Notre filière est composée d’acteurs nationaux et régionaux, qui pour la plupart ont une clientèle nationale. À l’UFME, nous défendons au maximum l’origine France garantie. Peut-être que cette période peut jouer. Sur le marché de la fenêtre, les importations sont passées en quelques années de 10 à 12 %. J’espère que ce qui vient de se passer freinera un peu ce mouvement...

Propos recueillis par Véronique Cottier, mai 2020

 

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