Nous suivre Stores & Fermetures

1989-2019, quelle croissance pour le secteur de la menuiserie et protection solaire ?

La rédaction

Sujets relatifs :

,

Le BIM fait son chemin


Le BIM fait son chemin

Avoir un langage commun, c'est plutôt mieux pour communiquer, d'où le développement du BIM, ce Builiding Information Modeling.

Si l'UFME a créé un groupe de travail des 2015 sur le sujet, les fabricants commencent eux aussi à se l'approprier. Wicona adhère a ce principe déjà obligatoire dans certains pays pour les bâtiments publics, et progressivement appliqué dans le monde entier, d'ou une vaste bibliothèque d'objets BIM qui permet à tous les intervenants dans un projet (concepteurs, architectes, ingénieurs, constructeurs, etc.) de pouvoir « travailler en collaboration et d'avoir accès simultanément aux mêmes informations sur les produits », raconte Pierre Damme, responsable marketing. Chez Gimm Menuiseries, « une bibliothèque est également disponible en ligne dans laquelle les internautes peuvent retrouver plusieurs menuiseries bimisées ».

2016 - 2018, des capacités à la hausse


2016 - 2018, des capacités à la hausse

Depuis 2016, les industriels français ont augmenté leur capacité de production.

SUR LES PORTES ET FENÊTRES : Atulam a consacré 5 M€ à l'agrandissement et l'équipement de machines depuis 2016

C'est en 2018 que K-Line (groupe Liébot) a créé sa plus grande usine de fenêtres, éco-responsable à Saint-Vulbas pour un investissement de 70 M€.

Janneau a augmenté ses capacités de production sur les fenêtres PVC, sur les fenêtres et porte-fenêtres aluminium en 2018.

Gam a mis en oeuvre une usine dédiée à la production de nouvelles baies coulissantes aluminium, une nouvelle ligne de production de menuiseries bois standard et sur-mesure.

Sur le plan d'investissement industriel de 25 M€ annoncé en 2018 par Tryba, 5 M€ seront consacrés à la seule menuiserie Thareaut .

SUR LES FERMETURES : France fermetures a augmenté ses capacités pour se doter de produits innovants comme Qompact, la gamme de fermetures ultra-compacte pour l'habitat individuel et le tertiaire.

Javey a intégré une ligne de poudrage pour rideaux métalliques et composants de portes plus une machine de découpe au plasma ; créé des lignes de fabrication pour améliorer sa capacité à fournir des portes sur-mesure ; renforcé la maîtrise de la fabrication de l'ensemble du système, ossature, composants et accessoires.

Sothoferm a consacré plus de 4M€ en 2017 et 2018 à l'acquisition d'un trans-stockeur dynamique, d'une machine de poudrage pour le thermolaquage des prof i lés alu et d'une nouvelle machine de découpe des panneaux en alu pour les volets battants qui sait optimiser son tracé af in de réduire les chutes de matière.

En ordre de bataille


En ordre de bataille

C'est le mot d'ordre de la filière : in-no-ver. Pour cela il faut écouter le marché, ses besoins, ses attentes - les remontées terrain des réseaux sont là pour ça - puis structurer ses équipes pour imaginer, concevoir et piloter les idées nouvelles. C'est la que les services R&D interviennent.

Ils permettent « de réaliser la conception en interne » chez Marquises; « de sortir le premier volet battant à alimentation solaire », chez Sothoferm.

Convaincus de leur importance, certains les mettent sur pied, comme Atulam, qui vient « de recruter un responsable bureau d'études et méthodes », et Lakal, qui a créé « le poste de chef de marché, pierre angulaire entre le terrain et l'usine », d'autres les étoffent, comme Louineau ou Lorillard en 2019. C'est chez les éditeurs de logiciels que le service est le plus déployé: Elcia consacre 10 % de son C. A. à la R&D, avec 35 personnes, quand HerculePro rappelle que les technologies Web « imposent un investissement constant dans des profils différents » d'où une part importante de la masse salariale et du chiffre d'affaires dédiés à la R&D.

1989-2019, quelle croissance pour le secteur de la menuiserie et protection solaire ?

Entre investissements productif et humain, services et digitalisation, croissance et interrogations, la filière des portes, fenêtres et fermetures avance depuis des années. En février 2019, une  quarantaine d'industriels ont expliqué à S&F dans quels sens…

Complexe « à décrypter et à anticiper », ce marché des portes, fenêtres et fermetures l'est assurément. Car entraîné par les mouvements de yoyo du CITE, par une « grande volatilité et un raccourcissement des cycles, à la baisse comme à la hausse », et « chahuté par une forte concurrence extra-hexagonale ». Et toujours pour partie « dépendant de l'état de santé de la construction ». D'où des difficultés bien senties « entre 2010 et 2013, avec une série de cessations d'activité dans la foulée, notamment dans la menuiserie bois », souligne Anne-Séverine Saboret du cabinet d'études TBC Innovations, et des inquiétudes marquées pour 2019... Logique, puisqu'après l'essor des dernières années, le logement neuf devrait baisser de 4,5%. Mais pas de panique non plus, car le secteur est orienté à 60 0/0 vers la rénovation (et même plus chez certains], et il a beau s'avérer concurrentiel et mouvant, il est aussi dynamique et innovant. Avec une concentration assez faible, en tout cas beaucoup plus faible « que dans d'autres secteurs du bâtiment comme 1e gros œuvre et l'isolation ». D'ailleurs, l'Insee, qui, dans son analyse 2018 recense 1 646 entreprises de production en France, estime que les dix premières réalisent à peine 20 % des facturations et les cinquante premières tout juste 45 %. Et pourtant, ne serait-ce que depuis 2010, elles progressent... Parfois par croissance externe, histoire de renforcer des positions - Lorillard avec Molénat (2015] et Bourneuf (2016), Novoferm avec Norsud (2016], Riou Glass avec Badie Vitrage, Bouyer Leroux avec Soprofen, et, sans lien capitalistique, Bouvet et FPEE (2018); de les élargir a l'international - Liébot avec Vetrex (2014) et Elcia avec Ramasoft; ou de diversifier leurs savoir-faire et leur portefeuille produits, comme Sothoferm avec Sthema (2016), Maugin avec M.A.B (2016) et Cetih qui s'est tournée vers la fenêtre en 2011 grâce au rachat de deux menuiseries alu et PVC, vers les panneaux solaires en 2016 grâce à celui de Svstovi. etc. La croissance organique est là aussi, évidemment. Pour ces opérateurs « ancrés dans les territoires» . Les gros groupes cheminent, doucement, vers le demi-milliard d'euros de chiffre d'affaires. Et les petites et moyennes entreprises, elles, passent d'un stade artisanal à un stade industriel Elles avancent, et certaines, à l'instar de Fame ou Euradif, intègrent le programme « Accélérateur PME » de BPI France, qui prépare des PME saines et ambitieuses à devenir les ETI (Entreprise de taille intermédiaire) de demain. La première a été soutenue par la région Grand Est, la seconde a ainsi « entamé en 2014 le dossier central qu'est la numérisation industrielle, qui nous oblige à poser les choses et regarder en face nos forces et nos faiblesses pour progresser », explique Charles Creton, responsable communication chez Euradif.

Comment les acteurs du marché vont-ils chercher la croissance ?

Plus globalement, pour rester dans la course, les acteurs du secteur bougent, chacun à leur manière. Certains structurent leur marque (Vendôme passe sous l'ombrelle d'Atlantem; Fame industries regroupe les portes sectionnelles des fermetures industrielles Fame), leur communication (Janneau), ou leur identité visuelle (France Fermetures). D'autres rationalisent leur logistique (4 M€ investis par Velux dans un centre unique à Feuquières), revoient l'organisation de leur production, « pour renforcer leur indépendance » (Javey), «mettre en place le Lean durable, une méthode d'organisation ultra-performante » (Atulam), ou spécialiser les usines de fenêtres par matériau (Cetih). En parallèle, ils étoffent leur offre. D'abord en termes de matériaux : désormais, selon l'Insee, 17% des entreprises en travaillent a minima deux…pour 45% de la production française en valeur, c'est dire! Ensuite, en termes de proposition de « produit standard jusqu'à des demandes très pointues » (Sothoferm), ou de familles de produits, comme l'explique olivier Bernard, directeur commercial chez Herculepro : « historiquement, la menuiserie et la fermeture ont permis le développement de HerculePro, et plus généralement des logiciels de chiffrage; la protection solaire est venue plus tardivement, en 2016, pour suivre le marché : en effet, nombre desociétés de menuiserie ont évolué vers ce segment, particulièrement ces dernières années avec les pergolas, un produit dont le chiffre d'affaires a explosé » . De fait, c'est avec ce produit que le spécialiste des stores de terrasses marquises réalise désormais 45 % de son C.A.

Plus globalement, c'est autour de l'équipement extérieur de la maison que Vérandas Gustave Rideau s'est diversifiée. « Pendant longtemps, nous avons fonctionné avec la véranda, une offre assez restreinte mais qui convenait au consommateur. Avec un seul produit, aujourd'hui, on ne peut plus satisfaire l'intégralité des demandes des clients. Cela explique que l'on ait dû créer des abris de piscine, de terrasse (20 % de l'activité), des pergolas, des extensions… et sans doute d'autres produits à l'avenir », précise Bernard Cousin, son directeur général.

Chaque entreprise doit se différencier des autres

Alors que « l'offre produit est de plus en plus pointue, l'activité commerciale de plus en plus tendue » , chaque entreprise de ce secteur très atomisé doit se différencier de sa voisine. Car son client attend lui-même de se distinguer de son voisin ! Donc vive la qualité, la fiabilité du produit et le service qui va avec. Bien sûr, il est distillé par les réseaux bâtis par une bonne cinquantaine de fabricants/groupes depuis les années 1980, mais pas que… c'est tout un mouvement qui invite chacun à sortir « de notre métier classique d'industriel », estime David Added de Franciaflex, et résumé par le credo d'engagement de Novoferm, «SVP, pour plus simple, plus vite, plus proche du client ». Plus simple, cela passe d'abord par les produits, qui doivent tout promettre et permettre, mais rester « faciles à chiffrer » , « à intégrer, à associer, à poser, à entretenir et à utiliser au quotidien » . Une jolie quadrature du cercle à laquelle s'emploient les fabricants, que ce soit chez France Fermetures « avec, par exemple les portes sectionnelles pose Express ou les volets roulants spécial pose en étage » ; chez Louineau avec des fixations et habillages de menuiseries extérieures qui prennent en compte l'environnement de ladite menuiserie (solution de fixation, projection dans le traitement de l'étanchéité, etc.), chez Fame «avec ses portes de garage testées, montées en conditions réelles dans notre atelier avant d'être commercialisée et livrées avec des notices de pose complètes et imagées », chez Picard serrures, chez Soprofen, etc. « À titre d'exemple, le screen extérieur solaire lancé début 2018 apporte une réponse efficace et esthétique, et son installation est simple et rapide », déclare Laurent Darous, directeur général de Soprofen. Le digital peut aussi jouer sa part. pour aider à « la gestion de son entreprise, l'analyse d e ses chiffres clés et de ses marges » , explique Edouard Catrice, directeur général d'Elcia, mais également pour apporter une « valeur ajoutée au consommateur par de la 3D, de la réalité augmentée, un rendu réaliste ».

Des outils pour gagner du temps

Plus vite, c'est la deuxième condition sine qua non. C'est là encore dans le digital que les clients vont puiser « gain de temps sur le chantier, réactivité des fournisseurs dans les chiffrages et les livraisons ». « La mobilité est sans conteste numéro 1 dans le classement des attentes des utilisateurs : pouvoir chiffrer un produit et le vendre directement chez le client sans avoir un fil à la patte. Aujourd'hui, nous avons pour les fabricants une gamme de produits Web permettant de mettre à disposition leur offre pour leurs clients et aussi la promouvoir Via des I-Frames ou API pour les sites marchands, gérer les services supplémentaires et Circuits courts (SAV, compléments, accessoires] », explique Olivier Bernard. De fait, on voit essaimer ce type de solution, depuis la plateforme de devis et de commande en ligne E-SoPro de Soprofen, qui va être encore développée cette année, jusqu'aux configurateurs de Franciaflex pour la commande en ligne de bannes et de stores intérieurs, de Javey ou Leul Menuiseries pour les portes, de France Fermeture pour les portes et volets... Toujours dans l'optique d'accélérer le temps, certains proposent des solutions de fabrication rapides (bannes livrées en huit jours chez Franciaflex). Ou « mettent au point une solution de dépose totale en rénovation, qui permet de gagner 2 à 3 heures de pose par fenêtre », précise Bertrand Maugin, président du groupe éponyme.

Troisième axe du service dans la filière, la proximité avec le client. Elle tient au travail des réseaux, là encore, mais aussi au lien qu'entretiennent les fabricants avec leurs installateurs, leur qualité d'écoute, et tous les outils chargés d'accompagner les artisans au quotidien dans l'exercice de leur métier : «des tutos de pose et d'entretien de nos menuiseries », raconte Xavier le compte, dirigeant d'Atulam, « des outils d'aide à la pose et formations en présentiel et en ligne » pour Franciaflex, « des formations en e-learning sur le BIM, les outils numériques, la réglementation thermique, et des formations techniques sur les process de fabrication, les conseils de pose ou la protection incendie » chez Wicona, quand Sothoferm va même « ouvrir une école de pose», déclare Bernard Paineau, son président. ces initiatives sont nécessaires. Car comme de plus en plus de marques grand public communiquent, que le marché progresse, que le canal digital se développe, les consommateurs sont de plus en plus avertis.

Indispensable, l'innovation porte sur la performance et le design

Ils attendent « des matériaux durables », « eux qui s'inscrivent dans cette dynamique d'évolution vers l'habitat de demain, résume François Guérin, directeur général de Cetih, qui est écologique et digital avec une prise en compte du confort ». Autant de facteurs auxquels s'attellent les fabricants, car s'il est un secteur qui fourmille d'innovations, c'est assurément celui-là, « même si les consommateurs sont plutôt traditionnels dans leurs choix », dixit TBC Innovations. Parfois portées par des brevets comme chez Fame (système de fermeture à frappe], France Fermetures, Technal (fenêtre anti-bruit active), Wicona (55 brevets actifs), parfois non, mais dans l'ADN de toutes les sociétés interrogées, ces innovations doivent être un savant «équilibre entre les réalités d'usage, de mise en œuvre, et économiques. « Notre fenêtre AM-X a permis de jouer sur plusieurs de ces leviers avec une conception faisant un usage raisonné des matériaux (développement durable], qui apporte une grande variété dans les choix esthétiques du consommateur (personnalisation) et offre un système de pose unique, quelle que soit l'ambiance déco retenue (simplicité pour le poseur) », martèle Éric Brun, directeur marketing d'Atlantem.

Et ces innovations sont conçues pour répondre à une multiplicité de demandes. Évidemment de performance, d'autant « qu'en termes réglementaires, nous avons atteint des niveaux thermiques inégalables, avec des produits affichant des coefficients maximum. Ces dernières années, les fabricants ont dû se mettre en ordre de bataille pour y répondre », affirme Bertrand Maugin, P-dg du groupe Maugin.

Mais la performance n'est pas seulement thermique, elle peut être également acoustique. « 86 % de la population se déclarerait gênée par les bruits extérieurs à son domicile », rappelle Pierre Damme, responsable marketing pour Wicona, qui a polarisé une partie de sa R&D sur le sujet, avec un logiciel spécifique [Wicacoustic] et un laboratoire accrédité Cofrac dédié, le LAT, Laboratoire acoustique de Toulouse, pour tester tous les types de menuiseries, sur des dimensions jusqu'à 3,65 X 3 mètres. L'autre marque de Hydro Building Systems, Technal, a mis au point, elle, la fenêtre anti-bruit active brevetée, explique le vice-président France, Daniel Roy, « qui analyse les sons entrants et génère un son opposé pour annuler le bruit parasitaire ». C'est aussi sur le confort phonique que travaille Gimm Menuiseries : « nous innovons moins sur les matériaux que sur l'association de différents composants. Récemment, nous avons sorti une nouvelle génération de panneau de toiture sandwich à fort affaiblissement acoustique qui permet d'améliorer le confort sous la Véranda en limitant le bruit d'impact de la pluie ».

À côté de cette performance, l'innovation - ou plutôt la nouveauté - porte bien souvent sur le design : c'est le règne des châssis de forme, de la finesse des profils, du déploiement des couleurs, des décors..Une tendance importante, quel que soit le segment, même sur « celui de la sécurité », dit-on chez Picard Serrures, c'est dire, et qui en rejoint une autre, celle de la personnalisation, qui demande aux entreprises de s'adapter, en termes d'organisation et de production. autre critère, « qui s'est renforcé ces dernières années » , estime Anne-Séverine Saboret, c'est justement cette sécurité. « C'est une attente plus marquée des consommateurs », confirme Philippe Gertz de Lakal, et un axe de recherche pour les portes, volets roulants, portails, etc., a l'instar de la gamine Qompact certifiée A2P de France Fermetures.

Vers une maison connectée et intelligente

Plus globalement « le marché évolue vers une gestion intelligente de l'habitat qui se traduit par la sélection de produits multifonctionnels [ gestion thermique, occultation, ventilation...) ou une combinaison de solutions pensées en terme d'exposition [protection solaire au sud, volet au nord, par exemple]. Intelligence que l'on retrouve également dans la recherche d'un confort maximisé avec des produits motorisés qui dominent le marché et l'essor des solutions connectées, précise Laurent Darous. L'enjeu pour nos équipes, est de gagner en réactivité, avec plus d'agilité dans le développement de solutions ». « La domotique est importante pour gérer l'énergie dans l'habitat et nous avons développé des composants spécifiques en partenariat avec Delta Dore suivant leur protocole de communication X3D. Cette évolution est indispensable pour bien gérer l'énergie du bâtiment, la sécurité, le pilotage des fenêtres et des volets roulants, etc. », assure François Guérin.

De fait, le mouvement est en marche sur la fenêtre connectée, sur laquelle Éric Brun, d'Atlantem annonce « une évolution dans les fonctions, en 2019 », chez Atulam « qui souhaite ainsi optimiser l'usage de ses menuiseries, avec de la commande à distance par exemple », chez Wicona (Smart Window]; sur les volets, avec ce volet solaire, autonome et piloté par une forme d'intelligence et des capteurs des températures de Sothoferm, les fermetures où la technologie est présente à tous les niveaux. « Un point visible concerne la motorisation, avec de nouvelles générations de moteurs pouvant comporter des sécurités mécaniques anti-effraction ou des barrières immatérielles à infrarouge qui remontent automatiquement le tablier de la porte en cas de détection de présence » (Javey); sur les serrures connectées qui accompagnent les portes alu PM85 Prestige d'AMCC; sur la protection solaire, avec le pilotage Via les nouvelles technologies et l'ajout de plus en plus de fonctionnalités (Marquises), la fermeture des zipscreens ou de l'éclairage à distance pour Concept Alu. Mais le digital est aussi « nécessaire, avec ses automatismes et son intelligence pour réduire l 'empreinte écologique de l'habitat et consommer au plus juste. Nous sommes en négociation avec des constructeurs de maisons individuelles pour tester des équipements gérés intelligemment dans le cadre de projets de construction IabeIIisés E+C- », raconte François Guérin, Cetih.
E+C-, RT2020... de nouvelles opportunités s'offrent aux professionnels du secteur, juge Pierre Damme, de Wicona, premier concepteur-gammiste à avoir développé une rupture de pont thermique dans « nos profilés alu utilisant des bandes isolantes en polyamide, et avoir basculé nos approvisionnements de polyamide vers un polyamide 100 % recyclé pour les barrettes de rupture de pont thermique ». Les professionnels « vont devoir s'adapter aux nouvelles contraintes techniques, à de nouveaux mode de construction et façons de considérer l'environnement et la vie du bâtiment, estime Arnaud de Seigneurens, directeur général de France Fermetures.

Ces économies d'énergie, et plus globalement la maison basse consommation sont des axes réels d'innovation confie Philippe Gertz, directeur marketing de Lakal. Pour François Guérin (Cetih) aussi : « Koov, notre concept-store dédié à la rénovation énergétique de l'habitat permet à nos Clients de présenter et de vendre des portes, des fenêtres, de l'isolation bio-sourcée, des panneaux solaires ainsi que de la domotique, soit plus des deux tiers des problématiques posées parla recherche de performance énergétique dans l'habitat ».Cette recherche de la performance énergétique est évidemment liée à la fenêtre. Dont « le marché n'a cessé d'évoluer en termes de performances, de réglementations et de nouveaux systèmes constructifs », rappelle Laurent Darous...mais aussi de santé économique.

Si « les deux dernières années ont connu un relatif rebond », estime Éric Brun, tout n'est pas au mieux. D'abord parce qu' « en 2019, la tendance est plus incertaine, notamment sur le marché du neuf» ; que sur la rénovation, un levier de croissance selon certains, il faudra juger de l'impact du CITE au rabais officialisé en mars ; et que le segment est fragilisé depuis des années par « l'agressivité de la concurrence étrangère », juge Charles Creton, d'Euradif.

Le niveau des importations parle de lui-même : 4 sur 5 concernent le PVC (qui truste à 60 % la menuiserie], et elles représentent désormais 10,5 % du marché (étude Insee 2018). Avec leurs performances, leur efficacité, leurs avantages concurrentiels, les gros faiseurs polonais, entre autres, ont bousculé les fabricants français [NDLR : l'Hexagone est le premier marché à l'export d'Oknoplast avec 40 M€ par exemple]. Qui ne sont pas restés bras ballants, mais « ont réaffirmé leur identité nationale », montre TBC Innovations (marquage NF, puis Origine France Garantie depuis 2014], voire régionale (fenêtre Made in Aveyron de la Boutique du Menuisier). À raison, puisque « le marché porte un intérêt à ces marquages et labels, gages pour lui de la qualité des produits », explique-t-on chez AMCC.

Dans ce contexte délicat, les opérateurs redoublent là aussi d'innovations. D'abord parce que « la fenêtre devient un élément de décoration à part entière », déclare Xavier Lecompte (Atulam). Qu'ensuite on lui demande tout, ou presque. De la performance (Climatique Active de Technal, par exemple, produit de la chaleur ou du froid), du design, de la fonctionnalité, et de la lumière.

« Depuis la RT 2012, on cherche à doper l'apport lumineux pour diminuer l'éclairage artificiel et réchauffer l'espace ». Si les vitrages jouent un rôle, comme la dernière gamme Eclaz signée Saint-Gobain ultra-transparente, avec l'isolation thermique renforcée, les apports en lumière naturelle et en énergie solaire très élevés, c'est l'aluminium qui sur ce créneau a tiré son épingle du jeu grâce à son clair de vitre important, ses ouvrants cachés, son potentiel couleur, ses profils les plus fins...

Des profils plus fins, c'est ce sur quoi planche aussi le spécialiste des menuiseries bois Atulam « avec du verre collé ». Quand d'autres cherchent à combiner le meilleur des matériaux pour concevoir des gammes hybrides, comme AM-X signée Atlantem, ou Alva d'AMCC.

Profitant elles aussi de la lumière, les vérandas perdent du terrain quand les pergolas prospèrent, et les attentes « se distinguent de plus en plus suivant les besoins d'utilisation d'un agrandissement, entre la première, pièce de Vie intérieure, et la seconde, extérieure ».

C'est dans cet esprit que Concept Alu a créé Evolutiv', une structure aluminium pergola qui peut devenir véranda jardin d'hiver sans en détruire l'ossature, ou une version Duo-véranda ou extension avec pergola... Sur « Ia pergola, de nombreux acteurs se sont développés en peu de temps, souligne Frédéric Faurie (Marquises), avec, comme dans tous les créneaux, du bon et du moins bon dans l'offre », lui dont le « métier, est de protéger du soleil, d'améliorer le confort et d 'apporter une note esthétique à une façade ». En tout cas de bouger, innover pour mieux s'adapter pour aller vers demain.

Un avenir en demi teinte ?

Bien sûr, on dit le contexte chahuté, mais les opérateurs interrogés en février/mars 2019 sont confiants. Si certains se sont fixé comme priorité de consolider l'existant (Cetih), la plupart pensent progresser en termes de production, d'effectifs, de chiffre d'affaires. Et s'en donnent les moyens. Amorcent ou renforcent une diversification, comme Picard Serrures, qui « veut accroître ses parts de marché dans les secteurs de portes de hall et les portes techniques », ou Soprofen « qui va proposer une palette de solutions complémentaires autour de la fermeture ». Recrutent, comme Hydro Building Systems France, qui annonce 500 postes à pourvoir d'ici à 2025, « dont une grande partie pour Technal » ou Lorillard, qui lance une campagne pour attirer une vingtaine de talents pour les chantiers et la production menuiserie. Cette production sur laquelle le groupe Lorillard, encore lui, souhaite capitaliser, puisqu'il va consacrer 4 M€ à l'automatisation/robotisation des outils de production bois et alu sur le site de Chartres. Il n'est pas le seul sur le segment de la menuiserie, puisqu'Atlantem va inaugurer sa nouvelle usine à Saint-Sauveur-des-Landes dédiée à la gamme hybride AM-X; qu'Euradif travaille « avec I'ICAM pour définir les contours d'une future usine 4.0, qui devra être conçue comme usine modèle dans les 5 à 10 ans », souligne Charles Creton. Les capacités augmentent aussi sur les Vérandas et pergolas, où Concept Alu « prévoit en fin d'année 1e démarrage de la construction de l'extension de notre atelier », explique Yoann Arrivé, son P-dg; sur les volets, « où Sothoferm va investir sur le site de Sargam, qui a connu une croissance de17% en 2018 », analyse Bernard Paineau; les volets roulants et autres stores, avec la nouvelle unité française de Roma. Autant de capacités revues, augmentées...surtout pour le marché français.

Car les exportations de la filière restent limitées à 2% de la production, soit six fois moins que les importations! À voir si les volontés affichées par le leader de la porte d'entrée, Cetih, « volontaire pour se développer sur les pays européens voisins », et, dans une moindre mesure, par Atulam qui envisage d'exporter son « savoir-faire dans la menuiserie bois d'ici à 5 ans », par Elcia « qui vise à devenir le N°1 européen sur l'édition logicielle pour la filière », ou Marquises qui reconnaît que « sous réserve de bien étudier leurs besoins, les pays limitrophes offrent des débouchés importants », vont changer la donne. Pas forcément, car « ce sont des marchés de proximité, très dépendants des habitudes culturelles, et pas simples à pénétrer », ajoute le directeur général de Cetih. Le terrain de jeu restera donc, pour un moment encore, l'Hexagone. Où l'avenir appartiendra « à ceux qui maintiendront leur performance sur les trois leviers fondamentaux que sont le prix, les délais et la qualité », résume Bertrand Maugin. À ceux qui sauront « être agiles, puisque 80 % des métiers n'existeront plus en 2025», estime le directeur général de Hydro Building Systems France. Qui sauront continuer d'innover et de bâtir leurs forces sur l'humain. Changer, si besoin, de génération de dirigeant pour changer de modèle et s'inscrire dans la durée.

Extrait de S&F, mars 2019

 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter flash Stores & Fermetures


Développeur foncier (H/F)

MONTPELLIER

Développeur foncier (H/F)

Roxim, Société à capitaux privés...


CHARGE D'AFFAIRES RAVALEMENT (H/F)

LE MESNIL ST DENIS

CHARGE D'AFFAIRES RAVALEMENT (H/F)

Depuis plus de 30 ans l’entreprise SER ETANCH’ développe...


CHARGE D'AFFAIRES ETANCHEITE H/F

LE MESNIL ST DENIS

CHARGE D'AFFAIRES ETANCHEITE H/F

Depuis plus de 30 ans l’entreprise SER ETANCH’ développe...

Nous vous recommandons

Nouveau référentiel « NF Fenêtres Bois & Portes Extérieures»

Nouveau référentiel « NF Fenêtres Bois & Portes Extérieures»

Menée par le FCBA (Institut technologique Forêt Cellulose-Bois-Construction Ameublement) à l'initiative de l'UFME (Union[…]

01/10/2019 | ACTUALITÉS
SNFA, tirer l'aluminium vers le haut

SNFA, tirer l'aluminium vers le haut

Plus d'articles